Reportage et Portrait Chinois de Charles Billich, artiste peintre australien

Charles Billich

Artiste officiel des Jeux Olympiques de Pékin 2008.

Par Marc Jérusalmi

 

L’artiste peintre d’origine croate, Charles Billich, réside en Australie depuis la fin des années cinquante. La Billich Gallery, située sur les Rocks de Sydney, est aujourd’hui l’un des espaces artistiques les plus connus du continent australien. On peut y découvrir les œuvres célèbres du maître (Le masque de l’Opéra, Les aigles du désert, Coup de fil à New York…), et la collection de ses fameux « Nus modernistes », tels que Les amants, Passion cachée, Femmes chocolat, Insomnie, Couples érotiques, La dame pourpre…

Cet immeuble de quatre étages fait face aux quais circulaires de l’Opéra de Sydney et ressemble à un musée honoraire où se déploient les toiles grand format sur lesquelles le peintre s’adonna au sujet de la vie urbaine telles que ses Cityscapes en guise de panoramas kaléidoscopiques des villes de Zagreb, Moscou, Sydney, Melbourne, Hong Kong, Paris, Atlanta, Londres, New York et Pékin bien sûr…

Charles Billich fut nommé artiste officiel de la Sélection Olympique Australienne lors des Jeux Olympiques d’été de Sydney 2000, après avoir accompagné les athlètes australiens aux J.O. d’Atlanta en 1996. Il perfectionna son art jusqu’à obtenir l’investiture officielle du Comité Olympique Chinois 2008 qui lui a commandé la création d’une cinquantaine de toiles et de sculptures destinées à mettre en valeur la solide candidature de la capitale chinoise devant les membres du Comité Général du CIO. Une épreuve réussie puisque le Comité Olympique chinois décrocha victorieusement en 2001 l’organisation des Jeux d’été de 2008, en coopération avec la Mairie de Pékin, le Ministère chinois des Sports, les instances régionales de Chine Orientale et le Ministère chinois de la culture.

C’est à cette époque que l’œuvre de Charles Billich fut reconnue au niveau international comme celle d’un artiste éternellement « expatrié » aux quatre coins du monde, amoureux des sports, des valeurs universelles et des innovations culturelles. En l’espace de quelques mois, il fut récompensé par une avalanche de prix honorifiques dont ceux, fort prestigieux, décernés par l’Académie Américaine des Arts et des Sports, le Conseil d’administration du CIO, le Ministère Australien des Sports, la Fédération Internationale des Sports Olympiques, l’Académie Européenne des Arts et le Comité International des Fédérations de la Croix-Rouge (Humanité, Carrefours du monde)…

Le Comité Olympique Chinois a décidé d’attribuer une « mention spéciale » au tableau désormais célèbre intitulé Beijing Millenium Cityscape.

Tous les sports olympiques y sont représentés dans un mouvement fédérateur qui rend hommage à l’histoire de la Chine, au développement des sports en Asie et à l’excellence des artistes chinois dans leur contribution au développement des matières artistiques telles que la danse, la sculpture, la poésie, la musique, le théâtre, le cinéma, ainsi naturellement que la peinture, l’architecture et la littérature générale.

Charles Billich a décliné le concept moderne qui réconcilie le monde des arts avec celui des sports et de l’économie en recréant les sujets les plus variés de l’histoire chinoise tels que : l’édification de la Grande Muraille de Chine, les apports linguistiques du Mandarin et du Cantonnais, la multiplication des découvertes archéologiques sur le sol chinois, la restauration de la Cité Interdite et du Palais Impérial, l’expansion économique de la Chine en ce nouveau millénaire et le désir croissant des fédérations artistiques et sportives chinoises de démontrer leurs qualités innovatrices et universalistes sur les cinq continents. Un concept symbolisé depuis plus d’un siècle maintenant par les anneaux du drapeau olympique, et réaffirmé sur chacune des toiles créées par Charles Billich au profit du Comité Olympique Chinois et du CIO : Le palais d’été, Le temple du Paradis, Bing Mah Yong, Les dragons verts…

Les œuvres atypiques et colorées de cet artiste séducteur sont exposées au Musée des Collections du Vatican (Le Saint Tryptique), au Musée Olympique de Lausanne (Terre des sports), au Musée du Congrès des Etats-Unis (Histoire américaine), au Parlement du Japon (Souvenirs d’Asie), ainsi que dans de nombreuses ambassades et galeries d’expositions aux quatre coins du monde (Allemagne, Indonésie, Suisse, Washington, Royaume-Uni…) : une planète invraisemblable, avec laquelle il communique en cinq langues : français, anglais, croate, allemand et italien. De quoi alimenter bien des conversations sur l’histoire des hommes et de l’humanité…

Comme il le dit lui-même, Charles Billich fêtera noblement ses 74 ans en 2008, après avoir exposé à Athènes pour les Jeux Olympiques d’été 2004, réitéré ses expériences post-modernistes à New York, Atlanta, Lovran, Melbourne, Canberra, Pékin, Pnom Penh et Hanoi, « un verre de champagne à la main, et fier d’avoir contribué à magnifier l’image du sport et des arts à travers le monde. »

Vous pouvez visiter la galerie Charles Billich de Sydney, Australie, à : http://www.billich.com

Ainsi que la galerie Billich Fortezza de Lovran, en Croatie à : http://www.billich.info

Archive
Charles Billich exposera à la Galleria Pall Mall de Londres du lundi 14 au samedi 19 Octobre. A 79 ans, ce peintre et sculpteur atypique, d’origine croate, travaille encore 7 jours sur 7 dans son atelier favori de Sydney en Australie.

« Londres est elle-même un objet d’art, et je vais y développer mon sens du Surréalisme. » nous dit-il. Ses peintures modernistes sont visibles dans le monde entier : au Musée du Vatican, à la Maison Blanche à Washington ou au Musée de la Croix-Rouge à Lausanne. Son tryptique de la première sainte catholique australienne Mary MacKillop lui avait permis de rencontrer le Pape Jean-Paul II. Ses panoramas urbains des villes de Sydney, Paris ou New York (Cityscapes) en ont fait un artiste renommé en Océanie, en Europe et aux Etats-Unis.

La Galleria Pall Mall exposait ses œuvres intimes déclinées sur le thème de l’opéra, de la danse, du mouvement, de la musique et de la sensualité. Les Londoniens pourront admirer l’énergie avec laquelle Charles Billich évoque ses faveurs pour la danse classique. « J’ai toujours su au fond de mon cœur que j’exposerais un jour à Londres car c’est ce à quoi tous les artistes aspirent. Cette ville est un centre artistique majeur du monde, une Mecque de l’Art ! », affirme-t-il. Il est vrai que cette maison d’art anglaise se trouve à 5 minutes de chez Sotheby’s, de la National Gallery et des théâtres du West End.

Un tour du Monde en mille échanges culturels

La célébrité de Charles Billich l’a conduit jusqu’en Chine où il fut l’artiste officiel des Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Il a également surpris son monde l’année dernière quand il a peint un tableau basé sur la vie de Hugh Hefner, le fondateur controversé du magazinePlayboy. « Mes thèmes de prédilection oscillent souvent entre l’autobiographie et la métaphysique, de l’image érotique à celle plus religieuse de l’ecclésiastique. », s’explique-t-il dans un bon français qu’il a appris autrefois en France et à Monaco.  « Mes goûts immodérés pour les belles créatures, la fête nocturne, la quiche aux truffes, les châteaux de la Loire et le Champagne ne sont pas des problèmes. C’est ma façon de vivre et de créer ! »

Impressions narratives, vie urbaine et sport

Les fameux Nus modernistes de Charles Billich, ses visages et ses corps (Rudolf Noureev, Ian Thorpe) ont attiré des milliers de touristes dans le quartier des Rocks de Sydney. La ville américaine d’Atlanta lui a rendu hommage en 1996 pour ses créations sportives et son sens artistique du mouvement. Le peintre garde également un heureux souvenir de ses créations au théâtre Bolshoï de Moscou.

Né en 1934 à Lovran, (Croatie aujourd’hui), sa jeunesse fut plus mouvementée. Il y avait connu la prison communiste yougoslave pour délit d’opinion et dut émigrer très jeune en Australie. Mais il n’en a pas fini avec ses fantasmes. Il espère bientôt peindre le portrait de Boris Johnson, le maire énergique de Londres. Et il vient de s’envoler pour Rome afin decroquer le visage émérite du Pape François. « La vie est simple, mais nous insistons souvent pour la compliquer ! », nous rappelle-t-il.

 

Portrait chinois, Sydney, 2000-2001

La France, vue par Charles Billich.

Charles Billich visita la France pour la première fois au début des années soixante-dix. Il y découvrit la capitale et ses monuments historiques. Depuis, cet artiste de renommée internationale a effectué de nombreux voyages dans l’hexagone. Voici le Portrait chinois auquel il a bien voulu participer en compagnie de Marc Jérusalmi à Sydney, Australie.

Si vous étiez une recette française ?

Je serais une délicieuse quiche aux truffes. Les saveurs qui s’en dégagent sont incroyables. C’est un « must » de la cuisine française.

Si vous deviez vivre dans un Musée français ?

Je vivrais au Musée d’Orsay, ce vaste lieu de lumière et de culture refondé sur les Quais de la Seine, près de la Place de la Concorde.

Si vous étiez une chanteuse française que rêve de peindre Charles Billich, qui seriez-vous ?

La belle Vanessa Paradis. Elle chante, joue parfaitement la comédie et ne manque ni de charme, ni d’énergie. (NB : Vanessa Paradis est en 2001 aujourd’hui mariée à l’acteur américain Johnny Deep, avec lequel elle a eu un enfant. Elle fut primée, entre autres, par l’Académie des Césars du Cinéma et celle des Victoires de la Musique).

Si vous étiez un bon Champagne ?

Je reposerais dans les caves de la Maison Piper-Heidzieck, près de Reims, parmi des millions de bouteilles prêtes à être débouchées un jour ou l’autre. J’ai visité cette maison réputée il y a quelques années, et je ne m’en suis toujours pas remis. C’était divin.

Si vous étiez une cathédrale ?

Celle de Reims, bien sûr ! Pour ses bas-reliefs, sa quiétude, ses sculptures religieuses et son histoire. L’Art religieux catholique est une de mes sources d’influence permanente.

Si vous étiez un vin français que Charles Billich voudrait déguster au déjeuner ?

Un Côte du Rhône, bien frais, pour accompagner quelque merveilleux plat lyonnais ou provençal.

Si vous étiez une œuvre sublime ?

Je serais « Le Radeau de la Méduse » de Théodore Géricault. Pour sa perfection.

Si vous étiez une région de France où Charles Billich aimerait résider ?

Ce serait la Côte d’Azur, pour ses belles municipalités ensoleillées telles que Nice, Saint-Jean Cap Ferrat, Cannes, Antibes, Menton, Juan-les-Pins, Saint-Paul de Vence… J’aime la Méditerranée et la cuisine à l’huile d’olive. J’aime les jardins  de la French Riviera où l’on peut flâner à volonté. De plus, ma femme et moi avons résidé tout près des Alpes-Maritimes pendant quelques années. C’était à Monaco, et la vie y fut très belle.

Si vous étiez une province française qui n’a pas encore été peinte par Charles Billich ?

Je serais tous les beaux Châteaux de la Loire : Cheverny, Azay-le-Rideau, Chambord, Ussé, Chaumont, Villandry, Blois, Amboise, Langeais, Chenonceau, Loches, Angers. Ceux-ci sont situés dans les départements de l’Indre-et-Loire, le Maine-et-Loire et le Loir-et-Cher. (NB : les travaux architecturaux qui les concernent s’étendent sur plus de 500 ans d’histoire. A Loches, par exemple, le donjon fut érigé au XIème siècle, l’Eglise Saint-Ours au XIIème siècle et les Logis Royaux du Château au XVème siècle.)

Si vous étiez une Galerie des Glaces, laquelle vous ressemblerait le plus ?

Celle de Versailles, bien sûr ! Vous en connaissez une autre ?!…

Si vous étiez un lieu-événement historique ?

La Salle du Jeu de Paumes, où les révolutionnaires français prêtèrent serment.

Si vous étiez un mot de la langue française ?

Le Panthéon.

Si vous deviez revivre dans un Centre de Culture moderne ?

Ce serait au Centre Georges Pompidou, situé près du Forum des Halles de Paris.

Si vous étiez une période de l’Art français qu’apprécie particulièrement Charles Billich ?

Ce serait celle de l’Impressionnisme. Les œuvres de Pierre Auguste Renoir et de Claude Monet sont fabuleuses. Puis vinrent Camille Pissarro, Paul Gauguin, Edouard Manet, Paul Cézanne. Mais j’aime aussi les cubistes et l’Art Nouveau (Georges Rouault, Henri Matisse…) De plus, le travail de Georges Braque me fut très profitable. J’ai beaucoup appris en étudiant son œuvre. Je salue également la modernité du génial sculpteur Ipoustegy, un maître dans son genre.

Si vous étiez un reproche que Charles Billich adresserait aux français ?

J’envierais le charme de leurs femmes. Celui-ci est inimitable…

 

Portrait chinois réalisé par Marc Jérusalmi, à la Billich Gallery, George Street, les Rocks, Sydney, Australie.

 

© Propos recueillis par Marc Jérusalmi