Reportage et Portrait Chinois de Rachel Ward, réalisatrice et actrice australienne

Reportage de Marc Jérusalmi,

Article et interview de Rachel Ward, réalisatrice, productrice et actrice australienne.

Portrait Chinois de Rachel Ward par Marc Jérusalmi, France – Australie.

Perth, Australie, le 8 Mai 2016,

Le retour de Rachel Ward en France et dans les pays francophones, la formidable héroïne des « Oiseaux se cachent pour mourir», lors de son téléfilm hommage franco-australien « An Accidental Soldier » (« Soldat malgré lui ») réalisé pour l’Anniversaire et le Centenaire de la Grande Guerre (1914-1918)Rachel Ward a bien voulu répondre aux questions de Marc Jérusalmi, notre correspondant en Australie, à travers un « Portrait Chinois ».

An Accidental Soldier by Rachel Ward

Photo du film « Soldat malgré lui » (« An Accidental Soldier »), réalisé par Rachel Ward.

Rachel Ward sur le tournage de son film An Accidental Soldier

Photo de Rachel Ward pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » qu’elle a réalisé à Perth en Australie à propos de la Première Guerre Mondiale en France © Newton Films Australia 2016.

Rachel Ward, actrice et productrice australienne (connue mondialement pour son rôle phare dans la série (« Les Oiseaux Se Cachent Pour Mourir ») a réalisé un téléfilm australien superbe à propos de la France, dont l’action se déroule pendant la Première Guerre Mondiale. « An Accidental Soldier » (en français, « Soldat malgré lui » ou pour le résumer « Un Soldat Désabusé » est un film intelligent, rude et romantique.

Le héros du film est un jeune boulanger et soldat australien volontaire, perdu sur le front de la Somme et de la Marne (interprété par Dan Spielman). Il fait la connaissance d’une ouvrière française accusée injustement de haute-trahison (une excellente composition de l’actrice française Marie Bunel).

Cette belle comédienne interprète avec talent le personnage d’une femme courageuse, surprise dans son quotidien par l’amour, la guerre et la tendresse. Elle est également à l’affiche de « Les affaires sont les affaires », une jolie pièce au Théâtre des Célestins à Lyon, en France.

Rachel Ward, a tourné son téléfilm en Australie-Occidentale près de Perth, en français et en anglais, en reconstituant les lieux historiques de l’époque (ce qui est remarquable dans le Monde du Cinéma International). Elle a accepté de répondre à nos questions sur sa vie artistique, personnelle et intellectuelle. En voici le Portrait Chinois, réalisé par notre correspondant Marc Jérusalmi en Australie.

La version bilingue (français, anglais) que vous pouvez voir pendant le Festival de Cannes et bientôt à la télévision française a été adaptée pour les sous-titres par madame Claire de Robespierre, secrétaire générale du « Cinéma des Antipodes » (films, téléfilms et documentaires australiens, néo-zélandais, français et océaniens). Cette association française organise chaque année mi-octobre les « Rencontres Internationales du Cinéma des Antipodes » à Saint-Tropez où a été sélectionné en 2015 « An Accidental Soldier ». Ce festival, dédié au cinéma australien et néo-zélandais, fut fondé et est dirigé depuis 1999 par monsieur Bernard Bories.

Rachel Ward et Dan Spielman pendant le tournage

Photo de Rachel Ward et Dan Spielman pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel a réalisé à Perth en Australie à propos de la Première Guerre Mondiale en France © Newton Films Australia 2016.

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Portrait Chinois de Rachel Ward par Marc Jérusalmi, Australie, France

Si vous étiez un très beau film français ancien ?

Je serais « Au Revoir Les Enfants » parce que c’est un film simple et calme, sans prétentions mal placées, et si beau quand les enfants français chantent avec tant d’harmonie. Les sons et la musique réalisés pour ce long-métrage font partie des plus beaux du Monde du Cinéma.

Si vous étiez l’animal parfait ou la fleur parfaite ?

Je serais un champ de tournesols, car j’en ai eu tant autour de moi pendant mon existence, si beaux, si majestueux ; et je jouais avec eux, les admirais tant… Pendant ma petite vie de tournesol, les mouches et les abeilles se poseraient sur moi, me chatouilleraient et se délecteraient de mes pétales pendant la journée, se nourriraient de ma vitalité jusqu’au coucher du soleil… Je pencherais délicatement la tête et me tordrais amoureusement le cou une fois la nuit tombée et étoilée…

Si vous étiez un Musée en France, en Europe ou à l’étranger?

Je serais le Centre Beaubourg – Georges Pompidou – à Paris au sein des Halles et au cœur du Forum des Halles. Parce que ce Musée National français a présenté l’Exposition « Elles@CentrePompidou » en 2009 avec tant de belles artistes venues des quatre coins du Monde… La force collective de ces créatrices si féminines à Paris m’a apporté beaucoup de joie et de bonheur. J’ai alors ressenti à quel point j’étais fière d’être une femme et de pouvoir gagner ma vie grâce à mon travail artistique, télévisuel et cinématographique, et grâce à des productrices exceptionnelles comme madame Kylie du Fresne.

Si vous étiez une actrice française, vivante, âgée ou disparue?

J’aurais beaucoup aimé être une vedette française. Tant d’acteurs dans votre pays ont beau avoir un accent à couper au couteau ou être parfois peu séduisants physiquement, au premier abord, ils jouent ou jouaient la comédie comme personne (Marc Jérusalmi pense alors aux acteurs français les plus connus en Australie : Louis de Funès, Simone Signoret, Bourvil, Marie Dubois, Fernandel, Annie Girardot, Yves Montand, Catherine Deneuve, Jean Gabin, Carole Bouquet, Lino Ventura, Alain Delon, Romy Schneider, Jean-Paul Belmondo… PS) Ce sont des génies. Certains artistes français et francophones continuent à interpréter de brillants personnages malgré un âge avancé. D’autres sont considérés comme des sex-symbols et font toujours le haut de l’affiche alors qu’il y a en fait peu de rôles intéressants pour eux. J’aurais aimé me réincarner en Jeanne Moreau : elle a eu une carrière si longue et riche. Elle a joué tous les rôles ingrats, parfois pleins d’inconvénients, avec exigence et fierté, en toute confiance pour des dizaines de metteurs en scène. Elle n’a jamais perdu sa féminité ni sa popularité. Elle n’a jamais été une arriviste au sens où elle était si belle quand je la revois encore une cigarette à la bouche, qui semble danser sur ses lèvres…Et puis, j’aurais aimé être une jeune actrice comme Marie Bunel, une des plus délicieuses jeunes actrices françaises que j’ai jamais rencontrée et à qui j’ai offert le rôle magique de mon téléfilm « Soldat malgré lui » (« An Accidental Soldier »)… Marie possède un charme irrésistible, un sourire exemplaire et un talent certain.

Marie Bunel et Dan Spielman pendant le tournage de An Accidental Soldier

Photo de Dan Spielman et Marie Bunel pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie à propos de la Pemière Guerre Mondiale en France  © GoalPost Pictures Australia 2016.

Marie Bunel pendant le tournage de An Accidental Soldier

Photo de Marie Bunel pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie à propos de la Pemière Guerre Mondiale en France  © GoalPost Pictures Australia 2016.

Aimeriez-vous rencontrer Jeanne Moreau à nouveau, dans la vraie vie ? Si oui, que lui diriez-vous ?

Que lui dirais-je ? Je serais peu intéressée par son passé, car la beauté et le succès, quand vous êtes jeune, ne m’intéresse plus. Je serais plus enclin de l’entendre à propos de sa transition vers un âge avancé,  la mort des êtres chers, la dépendance médicale, la résolution des questions existentielles… Cela demande plus de grâce et de courage… Et parfois, l’effort est plus dur si vous avez connu une jeunesse dorée. Ce qui est mon cas, car j’ai été béni d’être belle, connue et reconnue aussi précocement.

Si vous étiez un délicieux plat français ou une recette de votre choix?

Je serais tout simplement une grande assiette de frites gourmandes: un peu salées et assaisonnées, sûrement mauvaises pour la santé… Qui plus est, je les tremperais dans quelque sauce calorifique énorme dont le goût est démentiel (type sauce tomate, lyonnaise, mayonnaise ou ketchup…)

Si vous étiez une œuvre d’art, une peinture française ou une sculpture connue ?

Je serais un tableau imaginaire, tel des « égouttoirs sur le dos » car je n’aime pas beaucoup être étalonnée, jugée et notée, en faisant le pied-de-grue devant des visiteurs étonnés que j’aie tant de valeur ou que je sois surcotée.

La célébrité internationale extraordinaire de votre personnage féminin savoureux dans « Les Oiseaux se cachent pour mourir » vous pèse-t-elle encore parfois ? Est-ce aussi un lourd fardeau à porter encore ?

Curieusement, « Les Oiseaux Se Cachent Pour Mourir » fut pour moi à la fois une bénédiction et une épreuve. Certains critiques m’ont snobée dans ce feuilleton télévisé, mais le public a aimé. Je dirais même qu’ils nous ont adorés. J’ai vite compris que l’audience était massive, mais j’ai aussi lu des critiques vachardes. Ce qui m’a marqué aussi, c’est le vedettariat si lourd à porter. Cela en était même douloureux. Et on s’imagine à tort que tout le monde pourrait se moquer de soi du jour au lendemain. Cette expérience m’a aussi rendue plus forte. « Les Oiseaux se cachent pour mourir » ne sont donc plus une pierre lourde dans mon sac à main…

Si vous étiez désignée membre spécial du prochain Festival de Cannes 2016 pendant lequel le réalisateur australien George Miller sera Président du Jury ?

Je serais attristée et heureuse en même temps d’avoir la petite opportunité de représenter ainsi les femmes réalisatrices de Cinéma et de Télévision au Festival de Cannes. Les femmes ont souvent très peu de place dans les grands événements. Mais je serais aussi très intéressée de discuter de tant de films du monde entier et d’autres choses avec mon cher ami et compatriote George Miller, Président du Jury 2016.

Pourquoi ne pas lui poser la question ? Il est votre voisin, après tout… Demandez-lui de vous prendre dans le Jury !

Je ne peux pas. En Australie, ce serait considéré comme très impoli de s’inviter n’importe où. Je dois attendre qu’on me le propose ! Excepté quand nous avons colonisé l’Australie entière. Mais là, c’était différent, nous étions des Britanniques !… Je pense que nos manières se sont améliorées depuis 1788, heureusement.

achel Ward pendant le tournage de son film An Accidental Soldier

Photo de Rachel Ward pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » qu’elle a réalisé à Perth en Australie à propos de la Première Guerre Mondiale en France  © Newton Films Australia 2016.

Rachel Ward et Germain McMicking (directeur de la photographie) pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie

Photo de Rachel Ward et Germain McMicking (directeur de la photographie) pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie © GoalPost Pictures Australia 2016.

Si vous étiez un musicien ou un groupe musical qui vous donne ou vous a donné beaucoup de plaisir à entendre ?

Je serais Nico du Velvet Underground ou Marianne Faithful. Je pense à elles à chaque fois que je me fais un petit karaoké perso à la maison. J’ai toujours le désir de ressembler moi-même à ces icônes blondes et décontractées des Sixties, avec leurs voix haut-perchées et leurs manières si personnelles d’évoquer la drogue ou le Mur de Berlin. Par contre, et fort malheureusement, je chante comme Peggy la Cochonne !

Votre mari Bryan Brown joue un rôle d’avocat militaire au grand cœur dans votre téléfilm. Finalement, qui dirige l’autre dans la vraie vie ? Etes-vous le plus souvent Madame Brown ou est-il encore le plus souvent  Monsieur Ward ?

Au bout du compte, qui dirige qui ? C’est la question. Un mariage heureux est une négociation entre ce que l’on donne et ce que l’on reçoit. Il faut le faire avec amour, sensibilité et générosité. J’ai pris le nom de mon mari et j’ai décidé il y a longtemps de vivre dans son pays, l’Australie, après être née et avoir grandi en Angleterre. Il m’a toujours encouragée et supportée, quelques furent mes débordements et les directions impulsives dans lesquelles je me suis lancée. Bryan a toujours partagé avec moi les soucis du quotidien, les tâches ménagères et l’éducation de nos enfants. C’est un très bon mari. Je l’ai dirigé deux fois dans mes films et il a édité tous mes scripts. Nous nous sommes ainsi greffés l’un dans l’autre. Ceci étant dit, comme dans toutes unions, j’ai parfois envie de planter mes propres arbres et de les tailler comme bon me plait…

Rachel Ward et Bryan Brown (époux et acteur) pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie

Photo de Rachel Ward et Bryan Brown (époux et acteur) pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie © Newton Films Australia 2016 et GoalPost Pictures 2016.

Rachel Ward et Bryan Brown (époux et acteur) pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie

Photo de Rachel Ward et Bryan Brown (époux et acteur) pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie © Newton Films Australia 2016 et GoalPost Pictures 2016.

Savez-vous que vous avez probablement filmé un des meilleurs longs métrages franco-australiens de l’histoire de la télévision de nos deux pays amis et frères ?

Je suis très heureuse de votre compliment, et de ceux en général du public français. Même si mon téléfilm en est un parmi les autres. On peut encore faire mieux. Les Australiens et les Français ressentent une admiration mutuelle. Je pense que nous nous trouvons exotiques et charmants les uns les autres. D’un autre côté, c’est probablement une bonne idée de garder entre nous une certaine distance et de maintenir ainsi la séduction et la magie de l’autre.

Si vous étiez un message social, politique ou artistique aux Français et aux Peuples Francophones dans le Monde, que leur diriez-vous ?

Je leur ai déjà dit tout ce que j’avais à leur dire dans mon téléfilm : la paix, l’amour et la tolérance. Il est très important que nous tirions tous bénéfices de nos différences car nous sommes tous des êtres humains. Nous devons garder l’esprit ouvert, aimer notre Humanité mutuelle. A nous tous de trouver et de garder le meilleur dans chacune de nos rencontres. L’histoire se joue ainsi sur l’Île grecque de Lesbos en Grèce où tant de pauvres gens fuient les atrocités de la guerre et de l’indicible.  Je viens d’apprendre que de jeunes volontaires israéliens y reçoivent, accompagnent et soignent beaucoup de migrants qui viennent pourtant de pays arabes ruinés et autrefois « ennemis » comme la Syrie et la Lybie, l’Irak ou l’Afrique Sub-Sahélienne… Eloignons-nous de la politique, comprenons nos différences. Nous sommes tous dans le même bateau des êtres humains qui se doivent de s’entraider et de s’accepter mutuellement.

Bryan Brown et Dan Spielman pendant le tournage du film « An Accidental Soldier »

Photo de Bryan Brown et Dan Spielman pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie à propos de la Première Guerre Mondiale en France © Newton Films Australia 2016 et GoalPost Pictures 2016.

Si vous étiez un Champagne, avec qui trinqueriez-vous ?

Je serais en fait un Prosecco, ce vin blanc italien effervescent, pas cher, servi frais, délicieux et propice à la création et au partenariat artistique. J’y adjoindrais de l’abricot pour boire ainsi mon meilleur apéritif-cocktail Bellini, écrire mes livres et mes scripts en mangeant un bon Hey Pesto que je trouve à Perth dans les camions-restaurants et traiteurs de la ville. Et je trinquerais enfin bien sûr avec mon mari adoré, Bryan Brown et mon actrice française Marie Bunel… (Clin d’œil).

Dan Spielman et Marie Bunel pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie à propos de la Premère Guerre Mondiale en France

Photo de Dan Spielman et Marie Bunel  pendant le tournage du film « An Accidental Soldier » que Rachel Ward a réalisé à Perth en Australie à propos de la Premère Guerre Mondiale en France  © GoalPost Pictures Australia 2016.

Article et propos recueillis par Marc Jérusalmi, notre correspondant et  journaliste français de Cinéma, d’Arts et de Télévision, en France (Versailles et Paris), Angleterre (Londres), Australie (Adelaide, Melbourne, Perth  et Sydney) et Nouvelle-Zélande (Auckland et Cambridge).

Photos chaleureusement prêtées par GoalPost Pictures Australia, Newton Films Australia et David Dare Parker pour Rachel Ward et sa productrice Kylie Du Fresne, Australie.

L’interview de la cinéaste Rachel Ward par Marc Jérusalmi est publiée en anglais sur The Big Smoke Australia à :

Cette interview de Rachel Ward par Marc Jérusalmi est également publiée en anglais sur Le Courrier Australien à :

Cette interview de Rachel Ward par Marc Jérusalmi est également publiée en français et en anglais sur LinkedIn Pro Pulse à :

https://www.linkedin.com/pulse/chinese-portrait-rachel-ward-marc-jérusalmi

et

https://www.linkedin.com/pulse/portrait-chinois-de-rachel-ward-cinéma-australie-marc-jérusalmi

 

© 2016-2017 – Marc Jérusalmi, journaliste français en France et en Australie – Arts, Cinéma et TV, Le Journal Australien.

Rachel Ward, réalisatrice, productrice et actrice australienne

Photo de Rachel Ward pendant son écriture de script en Australie © Newton Films Australia 2016

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